Comme tous les lacs que l’on trouve au Népal, le Lac de Tsho Rolpa m’attirait depuis très longtemps. Après avoir découvert les lacs de Pokhara, Begnas, Gosainkunda, Rara et Tilicho, c’était donc au tour du Lac de Tsho Rolpa.

Situé au bout de la Vallée du Rolwaling dans le District de Dolakha, il est peu visité mais pourtant très imposant avec ses 154 hectares de surface. Il présente également un danger grandissant pour les populations vivant dans la vallée car son niveau d’eau augmente en raison du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers en amont. Si la digue qui le maintient vient à céder, il inondera toute la vallée et emportera tout sur son passage.

Lorsque l’opportunité s’est présentée d’aller faire un tour là haut, j’ai donc sauté sur l’occasion !

Pour ce trekking, il faut (pour les étrangers) obtenir le permis du Gaurishanker Conservation Area Project (2000 roupies népalaises) ainsi qu’un permis de trek spécial délivré par le Département de l’Immigration (10$, soit environ 1000 roupies népalaises).

Nous avions prévu de suivre l’itinéraire de NepalaYak (http://nepalayak.com/project/trekking-lac-tsho-rolpa/), soit dix jours aller/retour à Kathmandu.

Jour 1 – 8 décembre 2017 – Kathmandu > Gonggar Khola (1400m) en bus

Nous avons rejoint la gare routière de Kathmandu (Ratna Park) avec notre guide et notre porteur tôt le matin. Le bus devait partir à 6h15. Installés dans un premier bus, on a finalement du déménager dans un autre bus, sans trop savoir pourquoi (nepali system !).

Le bus est parti à l’heure mais s’est arrêté quinze minutes plus tard au bord de la route espérant récupérer plus de passagers. On a ainsi perdu une demi-heure… Finalement nous prenons la route par Dhulikhel, Dolalghat puis Charikot que nous atteignons après six heures de route. Seulement la moitié !

Encore une longue pause le temps de récupérer d’autres passagers. Il n’y a que deux bus par jour qui desservent la longue vallée de la rivière Tama Koshi alors les gens n’ont pas intérêt de louper le bus qui passe. Deux gros projets hydroélectriques chinois sont en construction dans cette vallée d’où un fort trafic de très gros véhicules et d’ouvriers.

Finalement nous repartons et après trois heures de route, notre bus vient tranquillement se ranger derrière un autre bus, moteur à l’arrêt. Rapidement on comprend que la route est barrée et qu’il faut attendre avant d’envisager aller plus loin. Il est 16h. En avançant à pieds sur la piste on découvre un énorme convoi exceptionnel qui barre la route dans les deux sens, un pneu crevé. Le chauffeur, n’ayant pas de roue de secours, est parti en chercher une. Notre chauffeur évacue le bus et nous indique de monter dans le bus précédent et de finir la route avec ce véhicule là. On obéit. « Dans 20-25 minutes tout sera rentré dans l’ordre ! » il nous dit, puis fait demi-tour et repart dans l’autre sens. Je les connais les 20-25 minutes népalaises et une heure plus tard on poireaute encore… Dans 30 minutes (mes minutes à moi) il fera nuit. On dépasse le camion en panne à pieds dans l’espoir de trouver un véhicule de l’autre côté qui fasse demi-tour à son tour et dans lequel on puisse grimper pour poursuivre notre parcours.

Après avoir supplié un gentil monsieur avec une tonne de « Namaste », il accepte et on charge nos sacs dans son pick-up. Il récupère trois autres personnes et on reprend la route. Après une heure de route il entre dans un camp gardé par des militaires et on comprend alors que lui-même doit être un haut gradé militaire. Il nous indique que Gonggar Khola est à moins de 30 minutes à pieds en suivant la route. Il refuse qu’on le paye, on le remercie grandement et on termine la journée à pieds à la lumière de nos téléphones portables.

Enfin nous arrivons à Gonggar Khola, ce genre de ville nouvelle installée là parce qu’on en a besoin à un moment donné, toute boueuse, toute pas belle. Un petit hôtel miteux pour nous accueillir pour la nuit où sont également logés des dizaines d’ouvriers népalais qui travaillent sur l’un des deux projets hydroélectriques de la région, ils ont tous les casques vissés sur la tête, étonnant lorsque l’on connait les normes de sécurité du pays. Bref, on devine qu’ils vont faire du bruit tard ce soir.

Après avoir avalé un dal bhat, on file au lit pour se remettre de cette longue journée de route pleine d’imprévus. Demain démarre notre trek.

Jour 2 – 9 décembre 2017 – Gonggar Khola > Simigaon (2050m) > Dongang (2800m)

Le petit déjeuner est servi à 7h30 et à 8h nous démarrons notre marche. 45 minutes à remonter la piste sur laquelle nous avons roulé hier et nous atteignons Chhetchhet.

D’ici nous quittons la route sur un sentier qui plonge vers la rivière Tama Koshi. En contrebas un pont suspendu traverse la rivière et nous amène au pied d’une longue montée d’escaliers en béton. Rapidement nous prenons de l’altitude avec un sentier plus ou moins en sous bois. Il fait chaud pour un mois de décembre. A la sortie du bois, nous sommes tout en bas du village de Simigaon et il nous faut remonter jusqu’en haut pour atteindre les lodges à travers des champs de blé d’un vert brillant. Lorsque nous atteignons le haut du village, il est 10h30, soit 2h30 de marche contre 3h30 prévues.

Nous décidons donc de poursuivre notre marche et quittons Simigaon (2050m), un charmant petit village très ensoleillé. En atteignant le sommet du village, premier aperçu du Gaurishanker et ses deux cornes qui culminent à 7134 mètres d’altitude. Puis le sentier quitte la vallée de Tama Koshi et plonge de l’autre côté dans une épaisse forêt que nous ne quitterons plus jusqu’au repas de midi à Sermuche (2500m). Jusque là le sentier est fait de montées et de descentes très fatigantes pour les jambes. Nous atteignons Sermuche à 13h et profitons de sortir de la forêt pour prendre un bon bain de soleil. Ici il n’y a qu’un seul lodge tenu par une jeune fille enceinte et on se pose la question de son accouchement futur dans cette vallée reculée. Le dal bhat met du temps à se préparer et nous sommes finalement servis à 14h, face au Gaurishanker.

Trente minutes après nous reprenons notre marche, il faut atteindre notre étape avant la nuit. Ayant repris des forces, on poursuit notre randonnée dans la forêt et on rejoint la rive de la rivière Rolwaling Khola, on entre enfin dans la Vallée du Rolwaling. Dans la forêt il fait frais et humide et lorsque nous débouchons à Dongang, à 2800m, on devine que la nuit va être fraîche car ce petit hameau de trois lodges est installé en bord de rivière. Il est 16h30.

Les chambres sont très spartiates et au menu de ce soir il n’y aura rien d’autre que du dal bhat, un de plus. Mais les propriétaires sont charmants et nous proposent de nous installer avec eux dans la cuisine au coin du feu. On respire mal, certes, car l’évacuation de la fumée n’est pas des plus efficaces, mais au moins il fait moins froid. Dans la grande pièce à vivre se trouvent une petite dizaine de Népalais qui vont aussi passer la nuit ici. Ils sont ouvriers et travaillent à la rénovation du sentier que nous prendrons demain. Ils sont venus avec leur riz et leur viande de mouton qu’ils ont cuisiné eux-mêmes et avalent d’impressionnantes montagnes de riz et de viande.

Nous nous contenterons d’un excellent dal bhat végétarien et après avoir mangé on file au lit, il est 20h. La journée a été éprouvante, nous avons marché 7h30 et rallié deux étapes en une.

+1830m / -380m / 7h30 de marche

J3 – 10 décembre 2017 – Dongang > Beding (3700m)

La nuit a été bruyante avec la rivière qui rugissait à moins de dix mètres de la chambre. Insomnie une bonne partie de la nuit, mais je suis quand même reposée lorsque je me réveille ce matin. Il fait 4°C dans la chambre, mais je n’ai pas eu froid cette nuit. A 7h30 nos sacs sont faits et on rejoint la petite cuisine enfumée pour avaler un pancake et une omelette. Les ouvriers sont déjà partis. Brossage de dents et à 8h nous partons pour notre prochaine étape, le village de Beding perché à 3700 mètres d’altitude.

Dongang est encore à l’ombre lorsque nous partons et la propriétaire du lodge où nous avons passé la nuit nous dit qu’ils n’ont que trois heures d’ensoleillement par jour, de 11h à 14h. Encore trois heures à patienter pour eux donc. Quant à nous, nous nous enfonçons de nouveau dans la forêt et après les bambous et les feuillus d’hier, nous traversons de belles forêts de rhododendrons dont les bourgeons commencent à grossir. Ce trek au mois de mars/avril doit être fabuleux au milieu de tous ces arbres en fleurs.

Une grosse passerelle nous fait franchir Rolwaling Khola et nous évoluons sur l’autre rive de la rivière pour le reste de la journée. La montée est très raide et finalement nous atteignons un lodge baigné de soleil. Nous sommes à Thangthingma à 3300m et c’est ici que nous retrouvons les ouvriers de la veille en train d’installer leur camp. Déjà deux heures de marche assez raide, nous prenons un thé et profitons du soleil qui nous réchauffe.

Depuis Thangthingma, le sentier monte de manière assez régulière parfois en sous bois, parfois à ciel ouvert. La végétation est de plus en plus rare, du lichen pend depuis les branches des arbres dénudés de feuilles, on entre dans un environnement plus alpin. Mais cette portion est plus facile que la première partie depuis Dongang, parfois très agréable, en bord de rivière. Au loin, la silhouette des 7181 mètres du Melungtse, sommet culminant de la chaîne du Rolwaling, apparaît. Ce sommet est installé au Tibet et non pas au Népal.

En atteignant l’altitude de 3500m, j’ai les jambes coupées et le souffle de plus en plus court, je me sens épuisée. C’est l’altitude. Nous atteignons les prémices de Beding, il me tarde d’arriver au lodge, j’ai besoin de manger et reprendre des forces. On aperçoit de nombreux yaks et on les prend en photo sans trop les approcher. Les yaks sont des animaux certes imposants mais extrêmement peureux et qui peuvent vite devenir violents s’ils ont peur.

On passe une porte sous laquelle on fait tourner plusieurs moulins à prières. Un peu plus loin se trouve l’école monastique de Beding et ses 25 élèves moines.

Il nous faut encore 20 minutes pour atteindre le village de Beding à 3700m et nous nous installons au seul lodge encore ouvert à cette saison : le Mountain View Hotel, tenu par une maman et ses deux filles de 22 et 20 ans, « didi » et « bahini » comme on dit en népali. Rapidement nous apprenons qu’à Na où nous pensions passer la nuit suivante, 400 mètres plus haut, tous les lodges sont fermés. Les propriétaires descendent tous à Kathmandu passer l’hiver au chaud. Il va donc falloir faire l’aller retour au lac Tsho Rolpa depuis Beding le lendemain.

 

D’ici là, nous nous installons dans notre chambre en attendant le repas de midi : des spaghettis pour changer ! Le repas est rapidement prêt et nous avalons une énorme assiette de pâtes pour se remettre de notre grosse matinée de randonnée. A 14h le soleil disparaît derrière les montagnes et il faudra attendre demain matin pour pouvoir profiter à nouveau de sa chaleur.

Plus tard dans l’après midi nous partons visiter le monastère de Beding : Rolwaling Sangag Choling Gompa. Le monsieur qui gère ce monastère est un peu sourd et a du mal à répondre à nos questions, qu’importe, nous visitons par nous-mêmes. Le monastère qui a subi beaucoup de dégâts avec le tremblement de terre a été entièrement restauré et il est magnifique. Puis à 200 mètres au-dessus du village on aperçoit une petite maison construite dans la roche et accrochée à la falaise. En moins d’une heure on y est et on admire la vue sur Beding et la Vallée du Rolwaling à 3900 mètres de haut. C’est aussi l’occasion d’apercevoir plusieurs danphés, l’oiseau national du Népal Cette petite rando fera office de marche d’acclimatation car demain nous n’avons pas prévu de rester la journée à Beding comme prévu initialement pour l’acclimatation.

Nous passons la fin de journée au lodge à faire connaissance avec les trois femmes des lieux jusqu’au repas du soir, le dal bhat est servi à 18h30 et à 19h30 nous rejoignons notre chambre pour la nuit.

Demain est une loooooooongue journée.

+940m / -60m / 4h30 de marche
(+200m / -200m / 1h15 de marche d’acclim)

 

J4 – 11 décembre 2017 – Beding > Na (4130m) > Tsho Rolpa (4540m) > Beding

Encore une mauvaise nuit pour moi, mes yeux sont restés grands ouverts une bonne partie de la nuit. Moins froid qu’à Dongang, bien que nous soyons 1000 mètres plus hauts, il fait 7°C dans la chambre ce matin. Le petit déjeuner est servi à 6h du matin et dès que le jour pointe nous quittons le lodge en direction de Na, puis du Lac Tsho Rolpa, notre objectif du jour. Il est 6h30.

Nous marchons lentement du fait de l’altitude, mais sans s’arrêter, et en deux heures nous atteignons Na à 4130m. Je trouve qu’il y a beaucoup de maisons et de lodges pour un village perché à cette altitude. Dommage que tout soit fermé, nous sommes arrivés trop tard dans la saison.

Après quelques photos de ce joli bourg parsemé de murs de pierres formant de vrais labyrinthes au pied de montagnes géantes, nous poursuivons notre chemin et traversons Rolwaling Khola sur une petite passerelle métallique. En une heure de marche nous atteignons le pied de la dernière montée, et quelle montée !! Il nous faudra une autre heure de marche pour venir à bout des 250 mètres à gravir pour atteindre l’altitude du Lac Tsho Rolpa installé à 4540 mètres.

La récompense, le lac est là sous nos yeux. De gros rochers solidifient la digue qui maintient le lac et de nombreux cairns sont installés sur la rive du lac. Des petites maisons ont été installées ici par des scientifiques mais personne n’y vit. L’une d’elle abrite trois énormes bulldozers et on se demande comment ils ont fait leur route jusqu’ici. A part avoir été déposés par hélicoptère, on ne voit pas d’autres solutions. C’est le moment de faire une tonne de photos du lac avec le beau massif du Parchomo (6273m) en arrière plan. Tsho Rolpa commence à geler par endroit, sa couleur est grisâtre du fait des glaciers qui fondent. Et le ciel est bleu ! Vraiment nous avons eu beaucoup de chance avec la météo.

Il est l’heure de repartir. En moins de deux heures nous sommes à Na. Il est midi, et nous avalons le pique-nique que didi et bahini nous ont préparé ce matin avant de partir : un œuf dur et un tibetan bread chacun.

Après avoir repris des forces c’est la dernière ligne droite. Mais la route semble interminable, témoin de la fatigue accumulée de ces derniers jours. Plus loin sur le sentier nous apercevons des sortes de gros chamois à la robe gris clair et gris foncé, ils sont une bonne quinzaine et s’enfuit dès qu’ils nous aperçoivent.

Enfin Beding apparaît et nous rejoignons notre lodge. Les femmes sont très surprises de nous voir rentrer si tôt. Nous avons fait très vite selon elles.

Le soleil est déjà caché derrière la montagne. Rapidement on rejoint notre chambre et on se glisse dans nos sacs de couchage pour une petite sieste bien méritée.

A 17h il est l’heure d’aller commander notre repas du soir et de se réchauffer auprès du feu. Nous mangeons à 18h30 et regagnons très vite nos chambres pour une nuit réparatrice. Nos corps ont bien souffert ces derniers jours. Je m’endors très vite ce soir.

+915m / -915m / 7h30 de marche

J5 – 12 décembre 2017 – Beding > Dongang > Gonggar Khola

La saison avançant, les nuits sont de plus en plus fraîches et il a fait 6°C dans la chambre cette nuit. Nous décidons de couvrir les deux premières étapes en une seule aujourd’hui et de revenir à Gonggar Khola le jour-même pour être à Kathmandu demain.

Après un petit dej avalé à 6h30, nous prenons la route à 7h. Nous reprenons tout le sentier inverse et revenons sur nos pas l’école monastique, la rive de Rolwaling Khola, Thagthingma, la passerelle, les forêts de rhododendrons… Lorsque nous arrivons à Dongang, il est 9h45. Nous avons mis 2h45 contre 4h30 à la montée et le soleil n’est pas encore sorti. Nous avalons un thé avec la patronne du lodge qui est étonnée de nous voir si vite de retour.

La marche se poursuit dans l’épaisse forêt et il fait froid. Je ne me rappelais pas que nous étions autant descendus à l’aller et il nous faut parfois remonter de manière assez raide. Mais rien à voir avec des montées au-delà de 3500 mètres !

Il est près de midi lorsque nous atteignons Surmuche où nous avions pris le repas de midi trois jours plus tôt. Comme le dal bhat y était bon, on s’arrête de nouveau ici pour manger. Cela fait cinq heures que nous avons quitté Beding et nous avons besoin de reprendre des forces car la journée est encore longue. Le soleil sort juste quand nous arrivons et nous profitons d’un bon bain de soleil, on en a bien besoin pour se réchauffer et faire sécher nos vêtements trempés de transpiration.

A 13h30 on repart. Une longue descente très raide jusqu’à une petite maison au fond des bois qui ne doit jamais voir le soleil et de nouveau nous enchainons le plat népalais (« nepali flat »), c’est plat en moyenne, mais entre temps ça monte et ça descend bien. Puis nous remontons à un promontoire duquel on aperçoit le sommet du Gaurishanker pour la dernière fois. Et le sentier replonge sur un escalier de béton jusqu’à rejoindre Simigaon, enfin on sort de la forêt. Nous avons mis 1h45 depuis Surmuche contre 2h30 à l’aller. Nous sommes à 2000m et nous avons encore 600m à perdre aujourd’hui.

Nos jambes sont très douloureuses, nos genoux et nos mollets subissent beaucoup, mais pas le choix il faut continuer. On a fait le plus dur après tout. Maintenant la fin du trek se situe au soleil et ça fait du bien. La descente parait interminable, on a du mal à se rappeler que l’on a monté tout ça quelques jours plus tôt. Presqu’en bas de la descente nous croisons un groupe de trekkeurs dont la plupart me paraissent népalais. Gros sacs sur le dos et des porteurs qui transportent du matériel de camping. Il y a une femme parmi eux. Mon porteur me dit qu’il s’agit de Pasang Lhamu Sherpa, une alpiniste népalaise renommée, qui a déjà gravi de nombreux sommets de par le monde et qui est mariée à un Sud-Coréen. Les porteurs nous disent qu’ils montent à Na et d’ici le groupe de trekkeurs envisagent de gravir le sommet du Yalung-Ri à 5647 mètres. En plein mois de décembre, j’ai froid pour eux.

La rivière Tama Koshi se rapproche de plus en plus et enfin nous empruntons le pont suspendu dans l’autre sens. Nous arrivons au hameau de Chhetchhet et il ne nous reste plus qu’à suivre la piste dans l’autre sens jusqu’à Gonggar Khola. Enfin… après 8 heures de marche, nous sommes finalement revenus à notre point de départ. Cette fois nous restons dans un hôtel différent du premier soir, un peu plus propre et plus accueillant.

Tout de suite nous achetons nos tickets de bus pour le lendemain matin afin d’être surs d’avoir une place dans l’un des deux seuls bus à arpenter la Vallée de la Tama Koshi demain. Après avoir avalé une assiette de chowmeins, nous rejoignons nos lits. Demain le bus part à 6h.

+440m / -2770m / 8h de marche

J6 – 13 décembre 2017 – Gonggar Khola > Kathmandu en bus

Pas besoin de réveil ce matin, le bus qui emmène les ouvriers des projets hydroélectriques sur les chantiers klaxonne dans tout le village dès 5h ! Nos sacs sont rapidement faits et nous descendons 15 minutes avant le départ. Pas de petit déjeuner à Gonggar Khola, le chauffeur du bus nous dit que le bus va s’arrêter un peu plus loin pour le thé et qu’il y a des bonnes choses à manger.

A 6h le bus démarre et roule au ralentis pendant près d’une heure le temps de ramasser un maximum de passagers et rapidement le bus se remplit effectivement. Lorsque nous atteignons Singati après près de trois heures de route, le chauffeur coupe le moteur. C’est l’heure du thé. A la descente du bus une dame vend du chyia (thé au lait) et des donuts succulents. On ne veut pas savoir dans quelles conditions d’hygiène ils ont été faits, ni dans quelle huile ils ont été fris, ils sont juste délicieux (et nous ne serons pas malades par la suite !).

C’est ici que nous récupérons un maximum de passagers et en remontant de notre petit déjeuner, nos sièges sont occupés par des dames qui n’ont pas envie de comprendre qu’elles sont assises à nos places. Qu’importe, le chauffeur les fait vite dégager et on peut finalement réinvestir les sièges pour lesquels on a payé ! Le bus repart, surchargé, et au lieu des 40 places assises que compte le véhicule, nous devons être plus de 60 passagers.

Nous arrivons à Charikot vers 11h30 et c’est ici qu’un maximum de passagers descend. Il s’agit de la préfecture du District de Dolakha et beaucoup de villageois viennent ici pour faire des achats, consulter le médecin ou préparer des documents d’identité. Puisque le bus est à moitié vide, nous allons encore attendre près de 45 minutes avant de repartir avec plus de passagers. On prend le repas de midi à Mude, une heure de route plus loin. Un dal bhat dans une cantine en bord de route. Pas trop le choix sur le menu, et l’assiette est bien épicée.

Il est plus de 17h lorsque nous atteignons la gare routière de Kathmandu, la boucle est bouclée après plus de onze heures de voyage. On trouve un taxi rapidement qui nous ramènent à la maison, contents de retrouver notre chez nous (et notre confort).

 

MON POINT DE VUE SUR CETTE DESTINATION DE TREK

Pour vous donner un avis plus personnel sur ce trek, je pense qu’il s’adresse à des gens qui recherchent le côté sauvage du Népal avant tout, un itinéraire hors des sentiers battus et loin des foules touristiques. Nous n’avons croisé absolument aucun étranger.

Il ne faut pas avoir peur de passer beaucoup de temps dans d’épaisses forêts. On évolue longtemps en sous-bois, à l’ombre, dans une gorge. Il y a peu de villages certes, mais les villages de Beding et Na (je suppose lorsqu’il est habité) sont de très beaux endroits. C’est un trek très « aquatique » avec énormément de cascades, de chutes d’eau et de fontaines et on évolue tous les jours en bordure de rivières rugissantes aux eaux cristallines. Et le lac au bout du trek et une belle récompense. J’ai cependant trouvé que l’on voit « mal » les montagnes. Le trek évolue tellement au pied du massif du Rolwaling qu’elles sont souvent dissimulées derrières des collines qui en cachent la vue. C’est à Na que tout s’est finalement dégagé dans une vallée plus ouverte.

En règle générale on croise très peu de lodges sur le trek et il est donc difficile de s’arrêter pour boire un thé ou se reposer aussi facilement que sur des treks plus « fournis ». Prévoyez peut être un thermos avec vous et aussi des barres de céréales pour vous réalimenter de temps en temps. Les hébergements sont très sommaires. Les chambres sont très rudimentaires, mal isolées du froid mais tous les soirs on nous a fourni des couvertures. Il y a des toilettes mais pas de salles de bain, ni de douches. Mais à chaque fois on nous proposait un seau d’eau chaude pour nous laver. La nourriture est très basique et il y a très peu de choix, du dal bhat bien sur, des chapatis, des œufs, des noodles soups, parfois des pâtes. Mais les locaux mettent toujours du cœur à cuisiner. Je trouve que les échanges avec la population (certes peu nombreuse dans cette vallée reculée) sont toujours sincères. L’aspect « business » que l’on trouve dans des régions de trek plus fréquentées n’a pas encore fait son chemin jusqu’ici. Pourtant les prix sont chers, autant pour les étrangers que pour les Népalais. Ce que nous avons expliqué par le fait que tout est transporté à dos d’hommes ou à dos de yaks depuis la route la plus proche. On a aussi rapidement remarqué l’absence d’enfants. Mis à part à Simigaon (à seulement trois heures de marche de la route) et à l’école monastique de Beding (25 étudiants) on n’a vu aucun enfant et en demandant à Beding, ils nous ont dit que tous les enfants de la vallée sont scolarisés à Kathmandu et ne rentrent dans leurs villages qu’à l’occasion de certaines vacances deux fois ou trois fois par an.

Pour la saison de trek, il faut privilégier l’automne de mi-octobre à fin novembre. Plus tôt il y a encore trop de risques de fin de mousson tardive. Et en forêt sous la pluie, il y a de quoi attirer des sangsues. A partir du mois de décembre, de plus en plus d’habitants des villages de Beding et Na fuient le froid et migrent à Kathmandu pour deux à trois mois. La deuxième saison qui pour moi est meilleure que l’automne, c’est le printemps lorsque les propriétaires des lodges sont revenus et que la neige a fondu en sous-bois et en altitude. Dès mi-mars la belle saison est de retour et les rhododendrons fleurissent en forêt. Les journées sont plus chaudes et les nuits moins fraiches. Jusqu’à mi-mai, les jours grandissent et le soleil est là plus longtemps. Ensuite la saison des pluies recommence.

Nous avons couvert les 8 jours de treks indiqués sur la page du trek du site internet en seulement 4 jours pour différentes raisons mais je pense que les huit jours sont nécessaires pour bien profiter du trek et assurer une bonne acclimatation pour tous.

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette destination n’hésitez pas à nous contacter et je me ferai un plaisir de vous répondre.

NAMASTE !

Lauren FIGUET, Co-fondatrice, Chef de produit, NEPALAYAK, lauren@nepalayak.com @lo_nepal